Composition du bureau du club de Chartres

Présidente : Christine Leymarie Breton
Vice-présidente : Monique Rouhaud
Vice-présidente : Marie-Laure Martinez
Secrétaire Générale: Marie-Andrée Prévot

Vice présidente YOUNG : Marion Arbona

Trésorière : Annick Lebey

Déléguée titulaire : Françoise Garnier
Déléguée titulaire : Odile Bordier

Déléguée suppléante : Brigitte Paris

Déléguée suppléante : Monique Rouhaud

Secrétaire Générale adjointe : Laurence Mazelier

Les membres de BPW Chartres sont fières de leur diversité d'âge, de culture, de profession. Toutes sont actives dans leur action-réflexion, avec toujours présentes depuis la création du club en 1968, Madeleine GUEVENEUX - au 1er rang au gauche et Madeleine MAGNANI - à droite

mercredi 18 novembre 2015

Mercredi 18 novembre 2015

 

 

 

 
 
 

Coordonnées du club

BPW Chartres
23 rue Charles de Gaulle
28320 YMERAY
Adresse e-mail : chartres@bpw.fr


Histoire du club

Créé en 1968 à l'initiative d'Elisabeth Leprince, membre du club de Tours, le club de Chartres dénommé Union Professionnelle Féminine s'organisait autour d'une dizaine de membres désireux de leur avenir professionnel. L'inauguration eut lieu le 21 avril 1968 par Mme KRAEMER BACH.

Affilié à la Fédération Française, lui-même affilié à la Fédération Européenne et Internationale créée en 1930, le club a participé aux commissions de travail, santé, législation, agriculture et culture et a organisé des conférences sur tous les sujets d'actualité intéressant les Femmes.

Une quinzaine de présidentes se sont succédé à la tête du club qui a compté jusqu'à 60 membres de toutes professions salariées, indépendante et fonctionnaires et associatives.
En 2003, le club UPF est devenu BPW (Business Professional Woman) pour garder le lien avec la Fédération Internationale comme tous les autres clubs européens.

Plusieurs membres ont été nommés à des postes à la Fédération Française (Yvonne PENCOAT, Odile BORDIER à la commission législation, Marie Marguerite LECUYER et Sylvaine VANDROME à l'agriculture).

A ce jour, notre club compte 25 membres actifs.

2017

 

 

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Odile Bordier, la conviction au cœur de l'action.

"L'égalité, ce n'est pas être comme les hommes"

 

Odile Bordier a une voix précise et dynamique. Et l'étincelle de conviction dans ses yeux a gardé toute sa vivacité après 35 ans d'engagement dans l'ONG BPW (Business and Professional Women). Au bureau national depuis 5 ans, elle a présidé le club de Chartres dix ans depuis son premier engagement en 1982. 

Une opportunité à un croisement de vie

Odile entre dans  le club BPW de Chartres, dans les années 80, à cette époque le club Chartrain comporte plus de 50 membres et l'association nationale plus de 1000. Au moment où elle termine ses études d'avocate, elle revient à Chartres après plusieurs années d'étude à Paris. Elle ne connait pas du tout l'association et c'est par des amies de sa  mère qu'elle entre dans le club. Démarrant dans la vie professionnelle, l'importance d'être en lien, en réseau, lui semble une évidence, BPW une belle opportunité, elle s'engage.

Sa mission dans BPW

Elle adhère en 1982 et découvre alors des femmes remarquables. L'association s'appelle encore UPF, l'Union Professionnelle Féminine et compte une cinquantaine de femmes. L'intérêt principal de cette avocate passionnée, son fil rouge, est déjà la transversalité, la diversité des métiers et l'échange entre professions.

Odile reste par sympathie du réseau mais le découvre relativement fermé par moment. L'activité consiste en un dîner mensuel avec un intervenant et elle constate également que le club a de moins en moins de monde car la moyenne d'âge augmente. Elle se donne donc, avec d'autres membres, pour mission de recruter des femmes plus jeunes pour poursuivre le mouvement dans le temps et diversifier les métiers représentés.

Aujourd'hui encore, il existe une réelle coupure d'âge, autour de la trentaine, dans l'association, les femmes étant parfois obligées de choisir entre travail, activités et famille...

BPW, l'importance de l'engagement

Au fil du temps, il est remarqué qu'une partie des femmes viennent simplement pour le dîner mensuel. Or la mission de BPW consiste, grâce à des commissions et des événements, organisés régulièrement au cours de l'année, à promouvoir le droit des femmes dans le monde professionnel. Il est donc demandé un engagement réel pour la cause, quel que soit sa nature.

Ce revirement s'est avéré nécessaire pour préserver l'essence de l'association et à cette même période, afin de renouveler et diversifier les profils, les membres ont jusqu'au courage de prendre leur téléphone et d'appeler d'autres femmes avec l'annuaire pour parler de l'association et se faire connaître !!

Ce qui a changé pour les femmes... ou pas

"C'est plus facile aujourd'hui, explique Odile, les métiers d'avocat, médecin, juge sont de plus en plus féminisés mais attention à l'équilibre qui est nécessaire; dans les jeunes générations les femmes sont majoritaires et ce n'est pas bon non plus.

Les études sont mixtes, rappelle-t-elle,mais souvent les femmes diplômées ne font pas le métier.

Aujourd'hui, des aides spécifiques sont attribuées à certaines catégories pour se lancer (par exemple en agriculture). L'égalité ce n'est pas être comme les hommes, c'est pouvoir prétendre aux mêmes choses à capacité et valeur égale. Mais souvent les femmes se mettent des barrières elles-mêmes."

Odile a été la première femme bâtonnier à Chartres, sur plus de cent avocats, parce qu'un de ses collègues hommes, devant son professionnalisme et parce qu'elle s'était occupée des jeunes avocats, lui dit "Et pourquoi pas toi ?". Elle n'y aurait pas pensé d'elle-même ! Et elle souligne : "Il ne s'agit pas de mettre une femme pour faire joli. Il faut faire le job, on est capable ou non, la notion d'exigence est vitale. Il faut faire attention de ne pas mettre une femme parce qu'il le faut et non pour sa compétence."

 

L'urgence actuelle

Au sujet de la situation actuelle, l'avocate persiste et signe :"Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, être toujours sur la brèche sinon les hommes reprennent la place chèrement acquise ! Et ne pas effaroucher les hommes, rester juste."

L'idée de choix entre vie professionnelle et vie personnelle est pour elle à bannir et la vie d'aujourd'hui à réinventer. "Et il importe de sortir des prés carrés : les avocats femmes se cantonnent au social, à la famille et c'est encore une étiquette".

Etonnée, Odile constate aussi que le pire dans la progression, c'est souvent les autres femmes.  "Les hommes ne voient pas si loin, ils sont moins fourbes quelque part."

 

L'essentielle autonomie

C'est en participant à un congrès BPW à Vienne qu'Odile réalise la dimension nationale et internationale de cette association, sa portée, son dynamisme et son importance aussi.

En effet, BPW est présente sur tous les continents (environ 30000 membres) et il est très important de confronter les situations et les points de vue des femmes du monde entier et d'aider, celles qui en ont le plus besoin, à acquérir leur autonomie.

Pour Odile Bordier, après toutes ces années de recul, la raison d'être de l'association reste de faire avancer les choses dans le milieu professionnel, en terme d'égalité et de mixité dans tous les milieux. Et quand on lui demande si elle n'avait qu'un mot à dire aux femmes aujourd'hui, voici sa réponse : "L'autonomie. L'essentiel, c'est de ne pas être dépendante".

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POURQUOI rejoindre BPW

TEMOIGNAGE de Catherine membre BPW depuis 2014

Ma présentation est un témoignage sur la discrimination des femmes dans le travail et explique de ce fait ma participation au sein de BPW.

Chez BPW nous avons l’EQUAL PAY DAY en ce qui me concerne on pourrait aussi créer l’EQUAL WORK DAY. En effet combien de jours, de mois, d’année faut-il à une femme pour obtenir le même poste qu’un homme à compétence égal ? J’ai travaillé pendant une année complète pour obtenir le poste promis lors de mon entretien d’embauche dans un important GROUPE D’ASSURANCE, tout simplement parce j’étais une femme.

A l’époque dans le domaine de l’informatique les CDI se signaient au sein même des Ecoles et  une société d’ASSURANCE a demandé à embaucher les 3 premières personnes les plus diplômées de la promotion, avec une licence à  la Sorbonne en Langues Etrangères Appliquées; je me suis retrouvée à être dans le tiercé de tête.

 

Dès mon premier jour de travail j’ai été convoquée à la Direction informatique et  informée de leur déception qu’une femme ait  été recrutée au sein de leur service ! à aucun moment n’était venu à leur esprit qu’une femme puisse faire partie des  « 3 premiers ». Le directeur m’a déclaré qu’il s’était fait avoir.

Je n’ai pas été intégrée  dans le nouveau projet proposé à mon embauche mais j’ai été mise au placard avant même d’avoir commencé à travailler. Mes collègues masculins eux ont été mis sur le projet et ils ont obtenus les primes promises, pas moi.  Pendant 1 an j’ai vécu une situation frustrante et humiliante. Ma licence m’avait donné le statut de Cadre, je déjeunais avec les cadres,  invitée aux soirées des cadres, mais je travaillais dans le service des non cadres, tout simplement parce j’étais une femme. Un an passe et un responsable un peu moins macho me sauve de cette situation. J’intègre enfin le projet pour lequel j’avais signé. Deux ans plus tard je suis enceinte et remise au placard !

Bien entendu après la naissance de ma première fille je ne retourne pas chez ces machos et je change de voie en devenant commerciale en Société de Services Informatiques.

Ce métier consiste à vendre des projets informatiques avec des équipes essentiellement masculines et au mieux des compétences de chacun.  Au fur et à mesure du temps  il devient évident que ma licence et l’école d’informatique ne sont pas suffisants  pour évoluer au sein de ce métier. Je prépare l’examen d’entrée à l’ESSEC-ISSEC et j’y rentre par la petite porte repêchée grâce à mon niveau de langues.  Je sors major de ma promotion et  prends la responsabilité d’une filiale. je travaille en partenariat avec presque toutes les directions informatiques bancaires, les GIE et les sociétés de bourse.  Par coïncidence, puis par jeu et enfin par vengeance, je débauche 17 informaticiens de  cette société d’assurance  sur une équipe de 40. Il faut se méfier de l’eau qui dort !! Aujourd’hui j’en souris encore.

En SSII les ressources humaines sont essentiellement masculines mais l’équipe commerciale est féminine, les hommes dépendent de notre travail nous n’échappons pas à quelques réflexions mais dans l’ensemble cela se passe bien. Des années passionnantes, une vie non pas à 100 mais à 1000 à l’heure….

Mais ma condition de femme me rattrape, 4 fausses couches puis 1 grossesse extra utérine, arrivée à Beckler en urgence, le temps m’est compté, le chirurgien me dit de m’accrocher.  5 heures en opération, à mon réveil  l’équipe du Professeur FRYDMAN me sermonne. Arrêt total et peut être bébé ou pas de bébé. Ma décision est prise. Océane nait.

A la recherche d’une nouvelle maison, 2 agences immobilières de Rambouillet me proposent de m’embaucher en CDI. J’en suis étonnée, aucune idée sur ce métier pas d’émission télévisée à la mode pour présenter faussement ce métier. L’unique motivation à cette époque est de ne pas trop m’éloigner de cet enfant si désiré et j’accepte ce nouveau métier, nouveau challenge, négociatrice dans l’immobilier.

3 années passent.  Une collègue de nationalité étrangère me demande de l’accompagner à la Préfecture de Chartres dans le but de connaitre les démarches à réaliser pour créer sa propre agence. Au vue de la non équivalence de sa formation elle ne peut malheureusement pas ouvrir son agence. Par contre moi je me rends compte qu’à ce rendez-vous je peux le faire ! et je créée mon agence.

L’immobilier est une bulle à part et je n’ai pas rencontré dans cette profession d’inégalité entre hommes et femmes.

Alors  pourquoi BPW aujourd’hui?

Pour mes filles, pour nos filles, pour que les avantages acquis par nos aînées demeurent

et pour participer à l’évolution des mentalités et faire régresser encore l’inégalité.

Le weekend dernier ma grande fille administrateur judiciaire me dévoilait sa souffrance quant au machisme généralisé qui existe à tous les niveaux de l’échelle judiciaire. La place de la femme dans le droit c’est peut être une idée d’un débat.

Que puis-je faire, que puis-je apporter à BPW ? moi qui au présent ai si peu de temps.

Faire connaître BPW et Participer, car, par ma présence au sein de BPW, je dis  NON à la discrimination, NON à l’injustice ET enfin NON  au Machisme.